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Exclus et précaires

Accompagnement et insertion

L'aide aux chômeurs : quel contenu et quelles méthodes pour l'accompagnement social ?
L'accompagnement est une pratique essentielle pour l'insertion des personnes marginalisées par des handicaps sociaux ou économiques. Il est au coeur de l'aide aux chômeurs de longue durée ou de l'appui à ceux qui créent leur propre emploi. Plusieurs associations proposent un tel accompagnement : cinq d'entre elles présentent ici leurs méthodes et leurs principes et ouvrent le débat sur la nature de l'accompagnement.
Solidarités nouvelles face au chômage (SNC)fédère environ 45 groupes en France de donateurs et d'accompagnateurs. Ces derniers sont souvent des cadres, des hommes politiques ou des syndicalistes, qui travaillent le plus souvent en binôme. Ils rencontrent régulièrement la personne à accompagner et parlent de son projet de réinsertion. Ce trio convivial fonctionne en quelque sorte comme un lieu transitionnel, c'est-à-dire une étape entre l'isolement et l'insertion dans la société. C'est là que se tissent des liens personnels et que l'accompagné trouve la force nécessaire pour se risquer dans une nouvelle activité. Il y a des accompagnements "coups de pouce" de deux à quatre mois et des accompagnements "reconstruction", moins fréquents mais plus longs : de un à cinq ans. On peut estimer grossièrement que 40 à 50 % des personnes accompagnées finissent effectivement par trouver un emploi stable.
Aravis est l'Agence Rhône-Alpes pour la valorisation de l'innovation sociale. C'est une association qui aide les PME à prendre en compte les problèmes humains engendrés par les mutations technologiques. Elle a également été chargée par les autorités régionales d'une mission d'insertion, qui consiste à guider dans l'entreprise des personnes ayant peu ou pas travaillé. Les accompagnateurs sont généralement au nombre de deux : un compagnon de travail et une personne extérieure à l'entreprise. L'accompagné définit progressivement son propre projet d'insertion et identifie ses besoins. Elle peut par exemple décider de mieux se former. Les accompagnateurs suscitent la prise de parole, conseillent ou font partager leur expérience.
Aide à Toute Détresse Quart-Monde regroupe un réseau de 350 permanents bénévoles qui vivent dans les mêmes conditions que les plus pauvres et tentent de faire avancer avec eux la question de leur prise en compte par la société. Il y a aussi plusieurs dizaines de milliers d'alliés qui, dans leur propre milieu, créent des lieux de fraternité entre pauvres et non pauvres. L'association a également mis en place les Universités populaires où se rassemblent des gens de tous milieux afin de bâtir un projet de société à partir des plus pauvres. Ceux-ci se trouvent ainsi en situation de prendre la parole et de développer leur pensée. Des groupes peuvent se réunir sur des sujets précis, de formation (alphabétisation)ou de loisir et de partage (voyages, soirées...).
Les Compagnons de la nuit disposent à Paris d'un lieu d'accueil ouvert la nuit, non pas lieu d'hébergement mais de discussion, essentiellement ouvert aux Sans Domicile Fixe. Plusieurs dizaines se retrouvent ainsi de 20 heures à 5 heures du matin, cinq nuits sur sept. La plupart viennent régulièrement, ce qui permet d'établir des relations de confiance et de travailler à des projets d'insertion. Il existe des groupes de travail, par exemple pour l'alphabétisation. Plus q'un accompagnement individualisé, rendu impossible par le grand nombre de personnes en détresse, il s'agit d'un lieu de solidarité et d'échange.
L'association Julienne Ravel, située à Besançon, dispose d'un centre d'hébergement et de réinsertion sociale, d'une structure de remise au travail, d'une section de jardinage biologique et d'un centre de formation. Elle recherche des solutions aux problèmes actuels de l'exclusion, autres que les contrats aidés de type CES. Elle a monté notamment une opération nommée "Jardins de Cocagne", qui consiste en la culture biologique de légumes livrés directement aux consommateurs : une vingtaine d'emplois ont ainsi été créés pour des personnes qui avaient des difficultés pour s'insérer dans la vie professionnelle. L'association offre également un accompagnement aux personnes en difficulté, notamment dans le centre d'hébergement. La personne qui arrive doit se soumettre à certaines règles de vie et accepter d'avoir un interlocuteur. L'objectif est de la sortir de son isolement, donc de fournir un accompagnement social qui pourra déboucher, si cela est possible, sur l'insertion professionnelle.
L'accompagnement ne conduit pas toujours vers l'emploi, chaque accompagnateur doit avoir conscience des limites de son action. Il doit aussi avoir conscience de son rôle politique dans une société qui génère de l'exclusion et ne pas s'en décharger par un engagement humanitaire. Mais l'accompagnement est toujours un acte de citoyenneté, en ce sens qu'il permet à chacun de conserver une dimension de citoyen, un lien avec le reste des hommes.

Compte-rendu de la rencontre du 9 février 1994.


Fiches d’expériences

- Un atelier Communiquer Lire Ecrire, au Resto du Coeur mise en oeuvre d’une pédagogie concertée formatrice - bénévoles
- Recréer du lien par l’écriture
- Un lieu d’accueil et d’insertion : CAFES
- A Aix-les-Bains les bénéficiaires du RMI sont accueillis par petits groupes afin de favoriser l’expression de leurs attentes et besoins
- Construire et mener une action de formation avec des jeunes du voyage
- Le rôle des professionnelles : s’impliquer pour un réel échange
- L’Espoir du Londeau : un lieu de prévention primaire où rétablir les liens sociaux
- La mise en place d’une ’communauté citoyenne’ en Alsace
- L’expérience lilloise d’une université populaire comme relais social
- Atteindre les personnes les plus pauvres
- Insertion et développement local : l’expérience de l’association Praticiens de l’Action et de la Réflexion pour l’Insertion, PARI
- Le réseau ALERTE interpelle les pouvoirs publics et l’ensemble de la population pour un pacte contre l’exclusion et la pauvreté
- Droit Pauvreté : cahier de revendication élaboré lors des réunions des ’caves’ (Belgique)
- La logique de l’exclusion : une histoire qui se répète
- Pour une amélioration des politiques publiques de lutte contre l’exclusion : Les propositions du Commissariat général du Plan
- Des Français de plus en plus pauvres dans une France de plus en plus riche
- L’honneur des pauvres
- La Commune de Lutterbach joue l’insertion
- Rupture du lien social : risque planétaire majeur
- Les universités populaires Quart-Monde
- La première boutique solidarité à Marseille, France
- Formes originales d’aide à domicile
- Une insertion globale à Paris grâce au financement de particuliers unis aux personnes défavorisées par des liens d’amitié
- La boutique solidarité à Bourges, France, un accueil de jour pour satisfaire les besoins quotidiens des sans domicile fixe
- L’exclusion sociale dans l’Europe des années 1990
- Exclusion au Nord comme au Sud
- Intervention publique et dynamique sociale dans la production d’un nouvel espace de pauvreté urbaine
- Les rapports des exclus avec les institutions
- L’univers personnel et les problèmes familiaux dans l’exclusion
- Le rôle déterminant de l’éducation et de la formation au regard de l’insertion ou de l’exclusion
- Le phénomène de l’exclusion sociale au Brésil
- La notion d’exclusion sociale
- Exclus... changer de rôle : du spectateur au créateur
- 29 Giugno, la première coopérative de détenus en Europe


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