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Exclus et précaires

29 Giugno, la première coopérative de détenus en Europe

"29 Giugno" est créée en 1984. C'est la première coopérative de détenus en Italie. Sa mise en place commençe lors de la préparation d'une Conférence organisée à la prison de Rebibbia (Rome), qui a eu lieu le 29 juin 1984. Son activité est limitée, au départ, à un contrat d'entretien de la route principale des environs de Torrita Tiberina, proposé par la région de Rome. La coopérative est officiellement créée en novembre 1984 mais les procédures légales auprès des Conseils de Province et de Région relatives à ce projet durent jusqu'à la fin de 1985 et demandent un grand travail de pression sur les autorités de la part des prisonniers engagés dans cette action. Le travail commence le 19 mars 1986 et dure jusqu'au 17 mai 1986 en accord avec le contrat établi par la Province de Rome.
La coopérative compte 27 membres, dont, parmi les détenus, 13 hommes, 1 femme et 3 anciens prisonniers. 10 membres (dont 8 détenus)de la coopérative sont employés dans ce premier travail qui est largement commenté par les medias et a un impact positif sur la communauté locale (Torrita Tiberina). La même ville donne plus tard du travail à cette coopérative qui réalise également un travail social gratuit pour les habitants de la ville. La coopérative parvient à diversifier ses champs d'activité qui vont de l'entretien des routes à du travail pour l'environnement et l'écologie, au nettoyage, au déménagement et à l'approvisionnement alimentaire. Elle obtient un immeuble du Cinquième district de Rome comme siège social. A la fin de 1986, "29 Giugno" emploie 18 membres (dont 13 détenus et 2 anciens détenus)et réalise un budget très positif de 64 millions de lires (environ 50 000 US $)avec 6 millions de lires de bénéfice (4 500 US $). Les bénéfices sont totalement investis dans le fonds social. Les budgets de 1987 et 1988 s'élèvent respectivement à 270 et 480 millions de lires avec 25 et 50 millions de lires de bénéfice. Depuis 1987, "29 Giugno" démarre des relations de travail avec le secteur privé. En 1988, elle commençe à employer 5 handicapés mentaux ou physiques et 3 immigrés en détention. En 1989, le budget total s'élèvent à 816 millions de lires mais les bénéfices sont limités à 10 millions de lires dans le but de soutenir la croissance rapide de la coopérative. Le capital social est fixé à 200 millions de lires et immédiatement augmenté de 72 millions de lires. "29 Giugno" a tant de travail qu'il est obligé d'employer des travailleurs extérieurs. Un de ses travaux consite en l'aménagement du camp de Gitans sur la voie Tiburtina (Rome)non loin de la prison de Rebibbia, le seul de Rome à recevoir un entretien actif.
En 1989, "29 Giugno" s'associe au réseau de coopératives de détenus, CO.IN. (COoperative INtegrate)et aux groupes Fincooper (pour obtenir de meilleures conditions de crédit)et Papillon (un groupe de 5 coopératives dont les détenus de Rebibbia). Par l'intermédiaire des coopératives Papillon, elle reçoit des fonds d'intégration provenant du Conseil régional du Latium. Une part de ces fonds est utilisée par "29 Giugno" pour développer le secteur social et aménager un centre social qui propose des activités sportives et culturelles à des jeunes et des marginaux des banlieues romaines.
1990 est une année de crise pour le bâtiment et dans la vie de la coopérative. Plusieurs travaux importants sont retardés à cause des difficultés administratives et quelques-uns des membres fondateurs quittent "29 Giugno". Le fonds social diminue pour la première fois puisque certains de ses membres sont sortis de prison et quittent la coopérative pour une autre offre d'emploi. Le budget total est limité à 320 millions de lires avec 4 millions de lires de bénéfice. Mais très vite de nouveaux membres remplacent les anciens et contribuent à restaurer le fonds social. En 1991, la coopérative décide d'utiliser l'appui financier du Conseil régional du Latium pour créer un fonds de secours. Ensemble le fonds social et le fonds de secours s'élèvent maintenant à 322 millions de lires. "29 Giugno" enregistre aussi un meilleur équilibre entre les coûts du personnel et le budget total et pour la première fois son solde avec les banques est positif. Le budget total de 1991 et 1992 est de nouveau très positif : respectivement 752 et plus de 1 000 millions de lires avec 40 et 253 millions de bénéfice. La coopérative reçoit aussi une reconnaissance significative et peut obtenir des travaux importants dans le domaine de l'environnement de la part des districts IV, VII et XVI de Rome. Elle est maintenant enregistrée au Registre national des sociétés de construction. En 1992, elle change de statut devenant "coopérative sociale", conformément à la nouvelle loi.
En 7 ans, "29 Giugno" a créé des emplois pour plus de 90 détenus des prisons de Rome et de Paliano et pour 5 immigrés en détention qui ne peuvent pas être membres de la coopérative à cause de la loi italienne. Plus de 50 prisonniers et 30 prisonniers avec un statut spécial de travailleur ont été membres de la coopérative (avec une moyenne de 16 mois de travail pour chacun et un "turn over" élevé). La coopérative fournit également une assurance adéquate et les soins de santé pour tous les travailleurs et elle a pu se développer sur toutes ces années grâce à ses bonnes conditions financières et à la diversification des secteurs de travail.

Il mérite d'être souligné que les prisonniers eux-mêmes ont joué un rôle clé à chaque étape de la vie de la coopérative : identification des possibilités de travail, analyse des relations entre organisations institutionnelles et possibilités de travail, pressions auprès des pouvoirs publics, prévisions et suivis des projets. Alors que la plupart des coopératives ont été fondées par des prisonniers politiques, "29 Giugno" a été créée par des prisonniers de droit commun.
Cette fiche a été traduite et adaptée de l'italien en anglais par Alessio Surian, puis à partir de l'anglais traduite en français.


Fiches d’expériences

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- A Aix-les-Bains les bénéficiaires du RMI sont accueillis par petits groupes afin de favoriser l’expression de leurs attentes et besoins
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- Le rôle des professionnelles : s’impliquer pour un réel échange
- L’Espoir du Londeau : un lieu de prévention primaire où rétablir les liens sociaux
- La mise en place d’une ’communauté citoyenne’ en Alsace
- L’expérience lilloise d’une université populaire comme relais social
- Atteindre les personnes les plus pauvres
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