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Gestion intégrée des territoires

Saint-Jean-de-Braye : intégrer l’environnement rural, urbain et industriel en misant sur le partenariat

Saint-Jean-de-Braye est une ville nouvelle de 20 ans de 17.500 habitants qui a cherché à développer son identité urbaine tout en prenant en compte son passé rural - une stratégie qui à maints égards facilite l'application des principes de la durabilité.

Aménagement urbain : intégrer l'environnement rural et promouvoir la mixité

Le schéma de référence du POS (Plan d'Occupation des Sols) de 1996 souligne trois grands principes : solidarité écologique, action économique, équité sociale.

Pour développer une vraie ville à proximité de la campagne, il a fallu aménager un centre avec des espaces publics, enjeu fondamental de l'identité physique et symbolique. La municipalité a fortement favorisé l'implantation de commerces, mais elle a acquis en même temps un très grand parc entre le centre et la Loire. La politique de densification de l'habitat ne se sépare pas d'un maintien de l'agriculture : la commune achète les terres pour les louer aux agriculteurs et procède au remembrement des vergers.

Pour promouvoir une urbanisation homogène, la municipalité poursuit une politique de réserve foncière permettant d'imposer des exigences en matière de mixité sociale de l'habitat. Par exemple, elle acquiert chaque fois que c'est possible les terrains à vendre en bord de la Loire et négocie avec l'office HLM et les autres opérateurs pour maintenir une part suffisante de logements locatifs. Les bords de la Loire ne sont plus alors réservés à une population aisée construisant du pavillonnaire. Les terrains acquis par la ville permettent aussi d'aménager des chemins de traversée piétons facilitant l'accès de ces lieux de promenade à tous les habitants.

Aménagement et partenariat : coordonner l'espace public et l'espace privé

A Saint-Jean-de-Braye le principe d'un aménagement partenarial est appliqué aussi bien dans le cadre de structures intercommunales qu'entre acteurs sur le terrain. L'Agence de Développement et de Promotion économique de la ville travaille en partenariat avec toutes les entreprises de la ville, avec l'association locale des industriels, avec l'ensemble des organismes à vocation économique de la région et en particulier au sein d'Orléans technopole.

L'association du "Groupement des Industriels de la Zone Industrielle" et l'Agence du Développement de la Ville ont décidé en commun de réaliser une végétalisation de la zone industrielle de la ville. Pour cela les entreprises concernées et la ville ont accepté les conseils d'un paysagiste pour qui la distinction pertinente n'était pas le partage entre le domaine privé et le domaine public, mais plutôt la combinaison entre grand paysage et aménagement de proximité. La ville a donc réalisé des plantations d'arbres entre les parcelles, en intervenant sur le domaine privé des entreprises, et ces dernières ont pris en charge leur environnement paysager immédiat. Ce partenariat inhabituel avait pour but d'intégrer visuellement la zone industrielle à la ville.

L'aménagement d'un parc technologique dans les bois (précisément dans le parc qui entoure le château de la Charbonnière) doit mettre en valeur aussi bien les activités que le patrimoine naturel. Les principes retenus pour servir cet objectif sont en grande partie en accord avec l'occupation traditionnelle des espaces forestiers par des habitations et des exploitations humaines. Ainsi les entreprises devront se localiser :
- au centre d'une clairière pour les plus importantes, avec le souci de préserver le milieu naturel par le renforcement des lisières ; l'aménagement en végétation plus "commercial" est limité au pourtour immédiat de l'entreprise.
- à la périphérie des clairières pour les entreprises plus petites de façon à partager cet espace fragile avec d'autres.

Le site est actuellement en pleine extension. Les pouvoirs publics ont replanté 10 hectares en chênes et veillent à ne pas empêcher le passage de grands animaux (cerfs, sangliers).

Ils ont décidé de réaliser un ambitieux projet de traitement des eaux pluviales - très important dans une région où les inondations sont fréquentes : les eaux feront l'objet d'un traitement en réseau de surface, sous forme de bassins de rétention linéaire. Cette technique permet tout à la fois d'agir sur les débits des eaux se déversant dans la Loire et de contenir une éventuelle pollution en fermant les vannes des bassins. Ce principe, neuf pour le parc, est traditionnel dans la région qui est parsemée d'étangs.

Une attention particulière est donnée à la maîtrise des déchets. L'association du Groupement des entrepreneurs de la zone industrielle s'efforce de rapprocher les industriels qui ont le même groupe de déchets.

La démocratie locale

L'équipe municipale pense que "l'urbanisme est trop important pour être laissé aux seules mains des techniciens." C'est pourquoi elle a créé l'Atelier Public d'Urbanisme, une association para-municipale qui permet aux habitants de participer à des groupes de travail en amont des études. Des professionnels y présentent les études en cours et recueillent les suggestions des participants. Sur chaque dossier la mairie dispose donc de trois avis à partir desquels elle élabore sa décision : l'avis réglementaire, l'avis technique et l'avis de l'atelier.

Par ailleurs, chaque fois que se posent des problèmes d'aménagement particuliers, les habitants sont invités à assister à des réunions publiques dans les quartiers. Un exemple fut l'aménagement de l'espace bordant la rivière La Picardière. Chaque génération ayant émis des souhaits différents quant à sa mise en valeur, un groupe de travail réunissant des représentants de tous les âges fut constitué. On s'accorda à un partage de l'espace permettant l'installation d'équipements pour satisfaire des intérêts différents. Enfin pour se rendre encore plus proche des citoyens, deux à trois fois par an le conseil municipal se déplace et va siéger sous le préau d'une école, dans un centre social...

Source : Les villes françaises et le développement durable, Rapport de synthèse pour la préparation d'Habitat II, réuni par 4 D, p. 108-112. La fiche a été approuvée par la Ville de Saint-Jean-de-Braye en février 1998. Fiche extraite du recueil : "Villes et développement durable : des expériences à échanger", Cedipelp/DPH, Ministère de l'Environnement et de l'Aménagement du Territoire.


Contact : Ville de Saint-Jean-de-Braye, B.P. 9, 45 801 Saint-Jean-de-Braye Cedex.


LES AUTEURS

Ina Ranson
Ina Ranson est allemande, philologue de (...)
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Première partie : une nouvelle approche

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