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Efficacité énergétique

Plaidoyer pour l’énergie solaire

L'avenir de la civilisation humaine doit-il dépendre des calculs de rentabilité des cartels d'énergie ?
Hermann Scheer, président d'EUROSOLAR (European Solar Energy Association), député du parlement allemand, éditeur du "Yearbook of Renewable Energies" a écrit un plaidoyer à la fois solide et fervent pour l'énergie solaire. Son idée-force : l'introduction des énergies solaires s'impose pour faire face aux défis du 21e siècle, car elles permettent précisément de "libérer les sociétés industrielles des conséquences nocives de la révolution industrielle et de rendre accessible à l'humanité entière ses conquêtes positives - en premier lieu, les chances sociales, démocratiques et culturelles."
Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, la conservation des conditions de vie naturelles et en même temps sociales devrait être la tâche politique primordiale. Scheer trouve simplement irresponsable de fixer l'attention sur les coûts de production de l'énergie, pendant que des immenses coûts écologiques, économiques et sociaux menacent la préservation des équilibres de la biosphère et le développement de la démocratie. Selon lui, l'énergie solaire représente une chance unique pour réintégrer le système énergétique des hommes dans le système du globe, condition essentielle pour que soit établi un système plus écologique des flux des matériaux exploités et jetés. Les énergies renouvelables pourraient aussi constituer un levier pour changer les structures injustes de répartition de l'énergie : les différents pays devraient miser sur ses variantes et ressources locales spécifiques, le solaire thermique ou photovoltaïque, la biomasse, les éoliennes, la petite hydraulique, la technologie de l'hydrogène... L'introduction de ces énergies renouvelables est liée à la naissance d'économies en partie décentralisées, fournissant de nombreux emplois aussi bien dans l'artisanat et la petite industrie que dans l'agriculture.
L'auteur souligne que ce ne sont pas des problèmes techniques qui empêchent la nécessaire "révolution solaire du développement". Le problème primordial n'est pas non plus le coût financier des énergies renouvelables, mais il réside dans "les coûts d'une transformation des structures du secteur énergie." Car les énergies renouvelables ne s'adaptent guère au fonctionnement actuel des grandes centrales de production d'énergie. Leur introduction massive signifie à long terme la mort de ces centrales. On ne peut pas attendre des responsables des grandes compagnies d'électricité, soucieuses d'amortir leurs investissements élevés, de préparer leur perte ! "Mais, demande l'auteur, l'avenir de la civilisation humaine doit-il dépendre des calculs de rentabilité des cartels d'énergie ?"
A l'objection de présenter une nouvelle solution de technocrate, il répond que l'énergie solaire ne fournit pas une réponse simple à des problèmes complexes ; la réponse bien trop simple dans le contexte de la complexité naturelle a été l'exploitation de l'énergie fossile et nucléaire qui se révèle destructrice.
Scheer désirerait que soit lancé un vaste programme "solar for peace" au lieu "d'atom for peace". A l'époque, les exploitants des centrales nucléaires avaient été dédommagés, par l'Etat, des coûts de construction qui dépassaient le coût d'une centrale au charbon. Aujourd'hui, les responsables politiques mettent en avant le principe du marché. Hermann Scheer pense que c'est une erreur néfaste pour le secteur de l'énergie. Comme il est illusoire pour l'instant d'attendre que les gouvernements prennent des mesures décisives en faveur du solaire, il faut miser sur le travail des associations conscientes des enjeux. Elles ont déjà été très actives au Danemark, en Californie, en Autriche. Et Scheer de rêver : si, enfin, le mouvement social dans son ensemble reconnaissait que les principes d'autonomie et de démocatie sociale devaient être soutenus par une "stratégie solaire?



LES AUTEURS

Ina Ranson
Ina Ranson est allemande, philologue de (...)
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