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logo globe     Caravane: Lettre de Liaison de l'Alliance pour un monde responsable et solidaire
Numéro 8 Juin 2001

Sommaire
bulletPoésie
bulletVoyage au Kenya
bulletEditorial
bulletLes cahiers de propositions
bulletVers une Charte
bulletLes artistes
bulletCULTURE DE PAIX
bulletNouvelles
bulletLes artistes de Ngecha
bulletL'Equipe
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drawing of people holding up nest of birds
« Give us a bright future ! », Allan Githuka

Mother Africa
In your tender arms I grew
Enjoying the beauty of your body,
Tasting the flow of life from your breasts.
I, the descendant of the gods,
Until jealousy set on the godless
Who invaded and tore me from you.
Bruised you, raped you and enslaved me.
We both endured with a noble heart.
Yearning for a reunion immortal
Of just heart and a sacred land
Talk of the painful days of longing.
The breeding from exploitation and corruption,
Of the struggle for freedom and fairness.
Truth has won at last,
While the scars remain as a future reference.

King Dodge


Editorial
« Pourquoi as-tu suivi la voie légale »

Deux artistes proches collaborateurs de Caravane - Gues (Algérie) et King Dodge (Kenya) - ont été empêché au mois de mai de rejoindre le Brésil pour participer à la rencontre du collège Artistes de l'Alliance (lire article). A croire que ces artistes à l'âme nomade porteurs de tant d'espoir et de beauté sont devenus pour le système de dangereux subversifs.

Ce que nos deux amis, Gues et King Dodge, ont dû vivre est digne de Kafka. Après avoir rêvé de rejoindre au Brésil des artistes du monde entier, ils ont été renvoyés aux portes de l'avion pour des prétextes futiles : l'un n'avait pas le visa de transit (pour cause de refus de l'ambassade) requis pour son changement d'une heure... une heure seulement... à Bruxelles ; l'autre ne disposait pas au départ d'Alger de la souche de son billet Paris-Sao Paulo, alors que ce billet (un message de l'agence de voyage en faisait foi) l'attendait au comptoir de la compagnie aérienne brésilienne de l'aéroport Charles de Gaulle de Paris.

« Plus rien ne m'oblige à demeurer là où l'homme s'emprisonne »

A Gues, un bureaucrate à bout d'argument a fini par lui dire : « Pourquoi as-tu suivi la voie légale ? ».

Peut-être un billet glissé négligemment aurait-il suffit... à lui ouvrir les portes du monde... d'un monde où il faut apprendre à tricher et s'accommoder d'un système corrompu. Gues n'a pas voulu. Il n'est pas parti. Il est rentré, tout drôle, dit-il, à la maison et s'est mis à écrire ceci à nos partenaires brésiliens qui l'attendaient :

« Je connais ce système pourri où il faut payer. Ca ne vaut pas le coup ! Je me sens étranger dans mon propre pays et plus je le pense plus je me libère. Ailleurs, je m'envole, le monde m'ouvre ses portes, avec autant d'amour que je lui ai toujours porté. Plus rien ne m'oblige à demeurer là où l'homme s'emprisonne, et aime à l'être. Je voudrais être citoyen du monde, et je l'exige... »

Quant à King Dodge, dont cela aurait été le premier voyage et qui s'en faisait une joie, il est retourné à l'amère réalité du Kenya d'aujourd'hui qu'il dépeint dans ses poèmes (lire Poésie y "Mother Africa" ci-contre) pour poursuivre inlassablement avec son groupe de jeunes artistes son travail d'éveil des consciences, d'encouragement à la créativité et de renaissance de la culture africaine. Un travail exemplaire et formidable dont j'ai été témoin pendant quelques jours inoubliables passés à Ngecha en leur compagnie. On en trouvera un aperçu au fil des pages de ce numéro entièrement illustré par les artistes de la Ngecha Artists Association.

Se meurt ce monde absurde et violent...

Qu'ils s'agissent de ces jeunes Kenyans ou de Gues, on se dit finalement que le bureaucrate avait peut-être raison : leur volonté inébranlable d'un autre monde et leur capacité à le rendre visible est réellement subversive. En cela, ils rejoignent (ou précèdent) un désir partagé par de plus en plus de monde, y compris notre bureaucrate algérien qui doute de la voie légale. Lui sait mieux que personne l'absurde du système d'une réalité qui se meurt...

L'absurde d'un monde où les uns courent d'un bout à l'autre de la planète et les autres sont empêchés de voler, où les uns s'enrichissent plus que de nature et les autres vont le ventre vide, où les uns attisent les tensions et les conflits et les autres en subissent les terribles conséquences...

Promouvoir une culture de paix

Se meurt ce monde absurde et violent... d'autant plus sûrement que nous serons nombreux à promouvoir une culture de paix. C'est l'objet du dossier de ce numéro (lire dossier) et toute l'ambition de notre journal depuis ses premiers pas en Inde il y a deux ans et demi.

Quel chemin parcouru ! Notre caravane est devenue la vôtre. Partout où nous passons, nous passons avec vous et nous récoltons ces échos d'un monde en devenir où s'inventent d'autres manières de faire et où se tissent des liens nouveaux (lire les nouvelles de l'association Caravane).

N'en doutez pas ! L'assemblée mondiale dans laquelle est engagée notre Alliance avec ses diverses rencontres continentales du 17 au 26 juin 2001 et son rendez-vous mondial à Lille (France) en décembre 2001 est porteuse d'un monde nouveau, plus responsable, pluriel et solidaire. L'intensité et la qualité des débats qui se déroulent en ce moment autour de la rédaction d'une charte de l'Alliance en est le parfait témoin (lire article), de même que la grande richesse émanant de la récente rencontre Artistes à Sao Paulo (lire article).

Philippe Guirlet

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