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Gestion durable des sols

Du compost pour restaurer les terrasses cévénoles

Convenons-en, le taillis pour ne pas dire la broussaille, digère peu à peu les massifs cévenoles. Entretemps, l'agriculture régresse et même disparait dans certaines vallées. En bref : d'un côté on intensifie plus ou moins heureusement certains fonds de vallée irrigués. De l'autre on abandonne l'agriculture de terrasses. Que faire ? Et qui ira croire encore à l'avenir de l'intensification (maraîchère notamment), alors que la surproduction augmente et que les marges s'annulent ?
L'idée est simple : recyclons la biomasse forestière pour faire d'une pierre 3 coups. Lutter contre les incendies, produire moins cher à partir de compost végétal, et mettre en marché un produit de meilleure qualité. Voilà l'enjeu du "test oasis" qui a porté sur la production maraîchère et qui a été mis en oeuvre par l'association cévénole.
Il a fallu plus de 4 années pour conclure les choses suivantes : oui, c'est confirmé les rendements sont meilleurs (de 5 à 30
)avec le compost de broussailles. Ce par rapport au "témoin" standard engrais solubles et, plus surprenant, au traitement fumier de bergerie. Mais attention, on contrôle mal dans les essais la variabilité des valeurs fertilisantes de chaque compost qu'il soit animal ou végétal. Côté qualité (organoleptique, indice nitrates,...)rien de significatif, pas plus que du côté phytosanitaire. La conclusion la plus intéressante est celle qui concerne les temps de travaux: si les traitements engrais solubles et fumier se valent sur ce point là, l'option compost forestier remporte la mise. Pour simplifier, le temps passé à préparer son compost est très largement compensé par la brièveté et la souplesse du désherbage, point noir du maraîchage.
Bien, mais comment tenir compte de l'investissement (collectif ?)en matériel - un broyeur de 36 000 F-, de la disponibilité effective de la matière première, des nécessaires remises en question (voire d'inventions)des nouvelles structures d'exploitation, de la "ponction" organique sur le domaine forestier, transfert de fertilité estimé abusif par les dubitatifs de la méthode Jean Pain.
En résumé, le test oasis nous confirme des hypothèses techniques, mais nous met maintenant face à l'essentiel : quelles modèles d'agriculture et de gestion du terroir et quelles politiques en conséquences ? On aurait pu, sur ce plan, espérer un débroussaillage plus hardi de la question. Qu'en pense d'ailleurs la bonne dizaine d'agriculteurs expérimentateurs qui sont confrontés aux réalités du terroir ?
Saluons malgré tout, l'effort des protagonistes de l'"aventure", parce qu'agriculteurs, techniciens, chercheurs (INRA), associations d'appui,... ils ont su dialoguer et travailler ensemble avec peu de moyens sans s'attribuer la "facilité du tout contrôlé" en station.



LES AUTEURS

Christophe Beau
France. Paysan-vigneron. Participe des (...)
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