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Écologie industrielle

L’offensive écologique du Japon en Asie

Le gouvernement japonais développe dans le domaine des technologies de réduction de la pollution une politique d'aide et de coopération avec de nombreux pays d'Asie, sans doute motivée par la volonté de conquérir des marchés en faisant valoir les compétences des spécialistes nippons.

Cet article est traduit du quotidien japonais "Shimbun". Il affirme que les centrales thermiques chinoises rejettent 16 millions de tonnes d'oxydes de soufre par an soit 16 fois plus que le Japon. Dans ce dernier pays en effet la réglementation est très sévère et les compagnies d'électricité investissent plus de 10 milliards de yens (430 millions de FF) dans les équipements de désulfurisation. En Chine, ces équipements seraient quasi inexistants d'où les pluies acides. Les installations de désulfurisation sont onéreuses et, bien évidemment, elles n'améliorent pas la productivité. D'où cette réflexion de Sangyo Nikkei :"Les pays en voie de développement, par manque d'argent, tendent à privilégier le développement industriel au détriment de l'environnement." Conscient du fait que la lutte contre la pollution ne doit pas s'arrêter aux frontières, le puissant MITI japonais (Ministère de l'Industrie et du Commerce extérieur) a décidé de fournir gratuitement des équipements de désulfurisation à plusieurs pays d'Asie et de les faire profiter de la compétence du Japon en matière de lutte contre les émissions gazeuses d'origine industrielle (oxydes d'azote, gaz carbonique...). Le premier pays qui bénéficiera des équipements anti-soufre sera la Chine et on s'attaquera en priorité à deux centrales thermiques particulièrement polluantes. Cependant, les équipements japonais les plus performants étant très onéreux, on s'oriente vers le développement en commun d'équipements relativement simples (130 à 172 millions de FF) qui seront par la suite offerts à la Chine.

On fera ainsi du transfert de technologie car on fera travailler ingénieurs chinois et japonais de concert.

Pour d'autres pays asiatiques, on offrira des installations fonctionnant à l'énergie solaire pour les encourager à réduire la consommation de combustibles fossiles. Le MITI est particulièrement désireux de diffuser la bonne parole et certains équipements solaires car la consommation d'électricité de ces pays ne cesse de croître. C'est ainsi que des équipements solaires de 50 kw seront installés en Thaïlande, au Népal et en Mongolie. Le Japon se propose également d'améliorer le rendement énergétique des chaudières des centrales thermiques existant dans les pays du Sud-Est asiatique au moyen de transfert de technologie (en Malaisie, en Thaïlande et en Indonésie par exemple).

Tout cela est fort bien mais on ne peut s'empêcher d'attribuer des arrières pensées aux industriels japonais désireux de conquérir des marchés prometteurs et de faire connaître le know-how de leurs spécialistes. De plus, ces efforts ne sauraient nous faire oublier que si la déforestation avance à si grands pas en Asie du Sud-Est (Thaïlande, Malaisie, Indonésie...), c'est du fait des activités des multinationales japonaises du bois.
La tendance POSITIVE à relever néanmoins : la diffusion des équipements à énergie solaire à une échelle autre que celle de la démonstration comme cela a été observé dans les années 70 en Egypte (Hurgada) ,en Tunisie (région du Kef) et en Jordanie . Ces unités de démonstration n'ont pas été généralisées. Cet article a aussi l'intérêt de prouver, une fois de plus, l'interdépendance en matière de pluies acides comme celle des problèmes d'environnement en général.


Source : Périodique. Nikkei Sangyo, "Courrier de la Planète", 1991/11/21


LES AUTEURS

Larbi Bouguerra
Larbi Bouguerra est professeur associé à (...)
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