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Écologie industrielle

Le n°1 du business vert, un pollueur de première

Les déboires de Waste Management Inc., une entreprise américaine de recyclage d'abord reconnue comme modèle puis dénoncée de partout, prouvent le danger qu'il y a à se lancer dans ce type d'activité sans remettre en cause sa culture industrielle traditionnelle, particulièrement s'il s'avère que les technologies de traitement des déchets sont encore inadaptées.

La société Waste Management Inc. de Chicago était considérée, il y a peu, comme un exemple à admirer et à suivre pour le traitement des déchets dangereux. Son incinérateur pour brûler de façon non polluante les résidus toxiques était un modèle du genre. Les spécialistes et les élèves des écoles venaient visiter ces installations.

Aujourd'hui, son heure de gloire paraît révolue. Les révélations troublantes et les problèmes écologiques, administratifs et de sécurité du personnel se sont multipliés. La société reconnaît avoir brûlé en mars 1988 des déchets de PCB - substances cancérigènes - en quantité excédant les limites réglementaires. En février 1991, un conteneur de déchets a explosé dans le four de l'incinérateur et la société a été contrainte de payer une lourde amende pour la pollution qui en a résulté. En janvier 1992, un de ses hauts responsables a procédé à un faux étiquetage de 100 fûts de déchets toxiques pour mieux contourner les règles de sécurité. Enfin, en mars 1992, Waste Management Inc. a annoncé son intention de cesser ses activités et de licencier en mai une grande partie des salariés travaillant sur le site de l'incinérateur.

Un jury de mise en accusation est convoqué pour entendre l'accusation et inculper éventuellement les responsables. L'Etat de l'Indiana s'ingénie à trouver des recours pour empêcher la société d'agrandir un site de traitement de déchets dangereux et lui réclame "des preuves de sa bonne foi", c'est à dire la livraison de tous les documents internes et la liste de toutes les plaintes formulées à son encontre au cours des cinq dernières années. Un ex-employé a même témoigné qu'entre 1986 et 1987, les instruments de mesure anti-pollution ont été stoppés pour ne pas enregistrer les violations de la loi. Enfin, il affirme que tout était connu des responsables qui n'exigeaient qu'une chose : comprimer les dépenses et augmenter les bénéfices.

Cet article prouve les difficultés qu'il y a à traiter "suivant les règles de l'art" les déchets en pays industrialisé. Il est à mettre en perspective avec les honteuses déclarations de Lawrence Summers qui prône le départ de ces industries et des déchets vers le Tiers-Monde où l'environnement n'est pas encore pollué (Courrier International, n°69).
Il prouve que le traitement des déchets n'est nulle part encore au point et qu'il faut oeuvrer pour la réduction (ou l'élimination) des déchets à la source et leur traitement sur place, comme l'exigent les conventions de Bamako (pays africains) et de Bâle (pays industrialisés).


Source : Périodique. Julia Flynn, "Courrier International", 1992/05/06


LES AUTEURS

Larbi Bouguerra
Larbi Bouguerra est professeur associé à (...)
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