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Gestion durable de l’eau

Le Chili cherche des solutions

Le gouvernement chilien se lance dans une politique de privatisation du secteur de l'eau dont le but est de dégager des moyens, en intéressant des investisseurs étrangers aux activités commerciales de distribution, pour l'assainissement des eaux usées.
Les responsables des compagnies anglaises de l'eau ont mis en question l'approche du Chili quant à privatisation du secteur de l'eau, suite à la décision du gouvernement de vendre une part d'actions permettant le blocage dans la 2ème plus grande entreprise d'eau du pays Empresa Sanitaria de Valparaiso (ESVAL), sur avis financier de Dresdner Kleinwort Benson (DKB). Il semblerait que les pouvoirs publics soient sur le point de publier les décrets d'application relatifs à la politique de l'eau et de l'assainissement définie en 1988/89. Au cours de la réunion organisée à Londres par la DKB le 11 mars 1998, le vice-ministre des TP Guillermo Pickering a annoncé que "l'injection massive de capital" était "une priorité fondamentale, urgente et immédiate" pour chacune des 13 compagnies de distribution d'eau appartenant à l'Etat. Pour 1998-2000, l'investissement serait, au bas mot, de 1768 millions de dollars. Pickering laisse entendre qu'il pourrait atteindre 2 milliards de dollars car les Anglais trouvent maigres ces niveaux d'investissement. Les leçons apprises lors de la privatisation d'ESVAL devraient permettre d'attirer le capital dans la plus grande société du secteur Empresa Metropolitana de Obras Sanitarias (EMOS) qui couvre la région de Santiago et fournit près de 40% de l'eau du Chili. Pickering a insisté par ailleurs sur la participation des compagnies étrangères ayant une expérience dans les techniques de traitement de l'eau révélant que le Chili se fixait à l'horizon 2000, le traitement de 68% de ses eaux usées. En ville, l'accès à l'eau potable est quasi général mais le traitement des eaux usées à des progrès à accomplir. Il est vrai que Pickering a déclaré à Londres que son pays ne visait pas les standards européens mais les "standards minimum internationaux". Les investisseurs étrangers exigent une élévation des tarifs. Pickering répond que le gouvernement pense que 50% d'augmentation étalée sur cinq ans, est le maximum que peuvent supporter les consommateurs faisant valoir que les subventions gouvernementales étaient fortes et que les défauts de paiement des factures d'eau était faible - sans fournir des détails précis. A Londres, Pickering a fortement insisté sur le fait que la recherche de fonds à l'étranger avait un but pratique : le gouvernement veut dégager des moyens pour les affecter à des priorités sociales comme l'amélioration du réseau urbain d'eaux usées et dont les coûts de fonctionnement sont le triple de ceux de l'eau potable. S'il est vrai que les industries chiliennes clefs - mines et agriculture - envisagent de se mettre à des normes internationales plus élevées concernant les rejets pour garder leur compétitivité, le calendrier politique a imprimé une certaine urgence au processus de la privatisation, les préparations aux élections présidentielles devant être lancées à la mi-1999 et alors, il ne sera plus de saison d'évoquer cette question.

Source : Littérature grise : notes de lecture.

Contact : Larbi Bouguerra, chantier Eau de l'Alliance pour un monde responsable et solidaire, Les Courtilles Bât. H2, 149, rue Oberkampf, 75011 Paris, France Tel/ Fax: 01 40 218862. E-mail: larbi@alliance21.org



LES AUTEURS

Larbi Bouguerra
Larbi Bouguerra est professeur associé à (...)
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