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Afrique

Les mouvements coopératifs en Afrique de l’Ouest

Interventions de l'Etat ou organisations paysannes ?
Au moment des indépendances, les coopératives ont suscité beaucoup d'espoirs. Au départ, elles étaient considérées comme un instrument privilégié du socialisme africain, un moyen de réconcilier les solidarités traditionnelles et la modernisation technique. A cette époque, il fallait faciliter le passage d'une société coloniale à une nouvelle société indépendante, ce qui signifiait faire accepter à l'ensemble de la population et particulièrement aux paysans les objectifs et les contraintes du développement.
Au Mali, l'option socialiste est proclamée dès octobre 1960. L'influence marxiste est importante. L'agriculture a pour but de dégager un surplus pour permettre des investissements dans l'industrie et les infrastructures. Elle a aussi comme rôle d'approvisionner à bas prix les villes où se trouvent les fonctionnaires et les salariés des sociétés d'Etats, principaux piliers du régime qui pourront accepter des salaires faibles si le coût de la nourriture est maintenu à un bas niveau. Il s'agit de réaliser l'organisation socialiste du monde rural en créant à la base des groupements ruraux de production et de secours mutuel (GRPSM). Du point de vue économique, les GRPSM doivent mettre en place des coopératives de production, seules capables de transformer radicalement les rapports de production et d'introduire les innovations techniques. Au niveau politique, l'organisation du monde rural est censée faciliter les relations entre population et gouvernement. En réalité pour les paysans, il s'agit une nouvelle fois de structures qui leurs sont étrangères. Le travail dans les champs collectifs devient finalement obligatoire et les paysans s'y rendent sans enthousiasme.
J.M Kohler considère l'échec de la politique rurale malienne comme:
- un échec idéologique: on a cru que le socialisme pouvait s'inscrire dans la continuité des solidarités traditionnelles.
- un échec des méthodes: la collectivisation est mise en oeuvre par des moyens bureaucratiques et contraignants
- un échec des programmes techniques: de nombreuses erreurs ont été commises avec l'introduction du repiquage du riz, du coton sur des terres mal drainées et la mécanisation extensive.

On se trouve en présence d'un système coopératif imposé par le parti et l'administration. Ce système sert de relais aux sociétés d'Etats dans la commercialisation vivrière et l'approvisionnement en biens de consommation. Il réalise hors budget des investissements sociaux grâce aux produits des champs collectifs. Les coopératives rentrent dans un moule juridique préétabli qu'elles ne peuvent discuter. Elles n'ont aucun pouvoir réel.


LES AUTEURS

Marguerite BEY
Sociologue. IEDES, Université Paris I
+ de 5 article(s)



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