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Écologie industrielle

Nouvelles données technologiques et écologie

Nouvelles données technologiques et écologie

Il n'y pas de conséquence directe et fatale du développement des sciences et des techniques à la dégradation de l'état de la planète. L'humanité, par son attitude à l'égard de l'environnement et par l'idée qu'elle se fait de la technique, peut toujours déterminer le sens de ce développement, à condition toutefois que l'éducation puisse répondre aux défis de l'évolution des technologies.

Intervenant lors d'une rencontre internationale d'étudiants sur le thème "technologies et déséquilibres planétaires", Vincent Labeyrie refuse de faire porter la responsabilité de la dégradation de la planète aux seules technologies.

Pour comprendre ces problèmes, et donc les résoudre, il propose une analyse plus fine qui fait intervenir trois éléments essentiels : l'humanité, la nature, les sciences et les techniques. C'est par la mise en lumière des interdépendances qui existent entre ces trois "pôles" qu'il démontre que les déséquilibres écologiques ne trouveront de solutions que dans la remise en question des "relations entre l'homme et la nature (...) déterminées en grande partie par l'état de développement des forces productives et des moyens d'intervention de l'humanité."

Trois aspects essentiels de "la révolution scientifique et technique de la seconde moitié du XXème siècle" ont profondément modifié les répercussions de l'homme sur son environnement : 1) "la puissance d'intervention de l'humanité" qui, en augmentant, aggrave les conséquences de nos erreurs; 2) "la multiplication des choix technologiques" qui permet d'ajuster les solutions en fonction de la nature des contraintes locales; 3) "l'accélération de l'obsolescence technologique" qui favorise les reconversions technologiques et la mise en place de technologies plus souples ("assemblages démontables ou transformables").

La révolution scientifique et technique a également eu des répercussions importantes sur l'acquisition des connaissances, la structure des sociétés et les rapports sociaux. Ainsi très vite l'enseignement professionnel s'est trouvé devant l'impossibilité de répondre à l'évolution rapide des connaissances de base et continue aujourd'hui a fonctionner avec des structures désuètes réfractaires aux nouvelles données technologiques. C'est d'une remise en question importante de nos formations dont il s'agit, alors que "l'enseignement vulgairement utilitaire n'est plus justifié, car son contenu est tombé en désuétude avant même que l'élève ait terminé ses études." L'enseignement initial, nous dit Vincent Labeyrie, doit donc développer la curiosité intellectuelle, apprendre à apprendre.

A la lumière de son analyse, il ébauche quelques principes essentiels pour que science et technologie participent à l'amélioration des rapports entre l'homme et la nature :
- les conséquences écologiques des activités humaines exigent de privilégier le long terme aux dépens des avantages immédiats
- tout intervenant doit dépasser l'approche sectorielle pour adopter une vision holistique de ses activités
- face à l'interdépendance professionnelle et géographique, l'égoïsme local doit céder la place à la solidarité internationale
- l'éthique et la législation doivent tenir compte tant des possiblités d'évolution ultérieures que des solidarités interprofessionnelles et internationales
- l'homme ne doit plus être placé au-dessus de la nature mais comme un élément dont la puissance sociale doit respecter les règles de fonctionnement du système
- les situations de monopole doivent être brisées car elles rendent difficiles des choix technologiques possibles pour parer aux déséquilibres écologiques ; il est indispensable d'assurer le droit au contre-projet, d'affirmer "la démocratie technologique".

"Je ne crois pas en la fatalité de la dégradation de la planète. Je ne pense pas que ce soit dû au développement technologique." En posant ces jalons, Vincent Labeyrie va à l'encontre de deux tendances dominantes : le pessimisme, qui contribue à la diffusion du sentiment d'impuissance face aux problèmes d'aujourd'hui et aux défis de demain, et le passéisme, qui semble faire de la science et de la technique les seuls responsables des déséquilibres écologiques et participe ainsi à éluder les problèmes de fond.
En refusant d'emblée la responsablité unique de la science et de la technique, il propose une analyse beaucoup plus fine et pertinente, qui associe dans des rapports d'interdépendance l'humanité, la nature, la science et la technique. On regrettera alors qu'il ne pousse pas plus loin cette analyse et finisse par ne donner que des solutions techniques à la crise écologique.
Enfin, on retiendra sa critique sévère - mais néanmoins lucide - de nos formations, trop en décalage pour résoudre les problèmes essentiels.




LES AUTEURS

Franck Fourmental
Consultant et webmaster indépendant. Spécialisé (...)
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Introduction

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